Aide Sociale à l’Enfance (ASE) : Dénoncer les dérives… mais pas que - SOS Villages d'Enfants

Aide Sociale à l’Enfance (ASE) : Dénoncer les dérives… mais pas que

Leurs prénoms résonnent dans nos têtes :  Marina, Théo, Enzo, … il y a eux et il y a tous ceux dont on ignore les prénoms, victimes de la violence de leurs parents, puis, comme si cette horreur ne suffisait pas, victimes des dysfonctionnements parfois très graves de notre dispositif de protection de l’enfance.

 

Les médias s’en font régulièrement l’écho, en particulier depuis quelques années à travers des reportages TV aux images “choc” et témoignages terrifiants recueillis souvent en caméra cachée dans des lieux d’hébergement pour enfants placés. Enfants humiliés ou maltraités par les éducateurs ou personnels faisant fonction d’éducateurs ; institutions fermant les yeux sur des violences entre mineurs, sur des jeunes tombés dans la drogue ou dans des réseaux de prostitution ;  ou encore, bien en amont de cette “prise en charge” des enfants, système incapable de repérer une situation d’enfant en danger avant qu’il ne soit trop tard, alors que plusieurs signaux auraient dû alerter.

 

Les faits dénoncés dans ces reportages sont accablants pour notre système de protection de l’enfance et en particulier pour l’Aide sociale à l’enfance (ASE), pilotée par les Départements et chargée de mettre en œuvre la protection de l’enfance avec ses partenaires de la Justice et du secteur associatif. Comme le rappelle régulièrement la plupart des grandes associations comme SOS Villages d’Enfants, “il est indispensable de dénoncer ces graves dérives, d’en condamner sévèrement les auteurs et d’y remédier urgemment”.

 

Adrien Taquet, le Secrétaire d’Etat en charge de la protection de l’enfance, a eu l’occasion encore récemment de faire part “de son émotion” face aux images de l’un de ces reportages et “sa détermination à agir pour que ces situations qui témoignent de dysfonctionnements majeurs dans certains départements ne se reproduisent pas”.

 

Pour autant, ces acteurs rappellent aussi que ces reportages et enquêtes sur les dérives de notre système de protection de l’enfance ne reflètent pas la réalité du système qui dans la majorité des situations protège et sauve des enfants de la maltraitance ou de situations de danger.

 

D’ailleurs, comme eux, de nombreuses personnes ayant été placées dans leur enfance plaident pour que les médias montrent aussi tout ce qui fonctionne bien en protection de l’enfance :  les vies sauvées, les parcours prometteurs, l’implication et l’engagement d’une multitude d’acteurs éducatifs et de travailleurs sociaux autour d’eux.

 

Ainsi, lors des dernières Assises de la protection de l’enfance organisées en juillet à Marseille en collaboration avec SOS Villages d’Enfants, Maëlle témoignait-elle en ce sens : “Les médias doivent traiter l’autre réalité de l’ASE en donnant la parole à cette majorité silencieuse dont je fais partie, cette majorité d’enfants sortis du système et qui ont un regard sur leur parcours positif, cette majorité de familles aussi qui peut-être sont satisfaites de l’accompagnement qu’elles ont eu, après quelques années de décantation, de digestion car il faut laisser du temps au temps aussi pour faire la paix avec son histoire (…).

Les médias ont une vraie responsabilité, un vrai rôle à jouer pour souligner et démontrer en quoi l’ASE sauve effectivement des vies (…). Pourquoi ? Parce qu’en se penchant sur les conditions de réussite des parcours de l’ASE, les médias leur donneront plus de poids et amèneront nos décideurs à s’y pencher vraiment. Quels sont les meilleurs repères pour des professionnels, pour des familles et pour des décideurs que les conditions de réussite de parcours d’enfants protégés ?”.

 

Même préoccupation pour Jhon Rachid, humoriste suivi par près de 2 millions d’abonnés sur Youtube, qui a lui aussi grandi en foyer. Lors des mêmes Assises de la protection de l’enfance, il confiait : “Moi j’ai un grand respect pour le métier d’éducateur. Même si comme partout il y a des tordus, la plupart donnent beaucoup aux enfants dont ils s’occupent. Et je pense à ce qu’ils doivent ressentir si chaque fois qu’ils voient un reportage à la télé leur profession est associée à des choses horribles… Si on ne passe pas un autre message sur leur travail, à quoi peuvent-ils se raccrocher pour ne pas être démotivés ?”.

 

Maxime, également ancien enfant placé, ajoute pour sa part que “cette image toujours très trash renvoyée par les médias de l’Aide sociale à l’enfance (ex Ddass), resurgit sur notre image en nous faisant tous passer pour des cas sociaux… ce que nous ne sommes pas, faut-il le rappeler pour la majorité d’entre nous, bien intégrés et heureux de vivre !”.

 

Un appel des principaux intéressés à freiner “l’ASE bashing” sans en cacher les dérives, digne d’être médité.

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