Article - SOS Villages d'Enfants

AVEC GOODEED, LA PUBLICITE EST ENGAGEE

 

La publicité solidaire prend de l’ampleur et diverses entreprises rejoignent ce mouvement de solidarité d’un genre nouveau. Au mois de septembre et octobre 2021, ce sont Cuisinella et La Banque Postale qui ont renouvelé leurs campagnes de publicité en soutien à SOS Villages d’Enfants.

 

Cuisinella : une marque partenaire qui prolonge son engagement

Après une première campagne de publicité solidaire, Cuisinella renouvelle son soutien à SOS Villages d’Enfants et au programme Pygmalion pour la Réussite Scolaire. Au total, pas moins de 970 heures de soutien scolaire financées pour les enfants et les jeunes des villages SOS.

 

Un beau moyen d’apporter de la visibilité à sa marque tout en s’engageant pour les jeunes.

 

La Banque Postale : des campagnes ponctuelles en faveur de projets à impact

Après un premier soutien au Programme d’Epanouissement par le Sport de SOS Villages d’Enfants, la Banque Postale continue à investir la publicité solidaire en soutenant un second projet SOS, au Vietnam. Cette seconde campagne permettra la pose de panneaux solaires dans le village d’enfants SOS de Hué, afin d’améliorer l’empreinte environnementale du village et assurer l’accès à une électricité stable. 

Un projet à retrouver ici : 

 

Des campagnes à retrouver sur la plateforme Goodeed : https://www.goodeed.com/   

DANETTE S’ENGAGE APRES DES VILLAGES D’ENFANTS SOS

 

Danette s’engage auprès des enfants accueillis en villages d’enfants SOS en 2021 ! Après une première opération de générosité en 2020, la marque bien connue des familles poursuit son orientation solidaire en renforçant son soutien à l’association en 2021.

Danette pour la réussite scolaire dans les villages SOS  

 

Danette soutient le programme Pygmalion pour la réussite scolaire. Ce programme, mis en place dans l’ensemble des 17 villages d’enfants SOS en France, a pour but de permettre aux enfants de dépasser leurs difficultés, d’apaiser leur relation avec l’école et de progresser. L’objectif : permettre l’épanouissement, le développement et la meilleure intégration sociale, culturelle et professionnelle possible pour tous les frère et sœurs accueillis.

 

SOS Villages d’Enfants fait de la scolarité un élément central de son intervention, constant de vrais besoins parmi les enfants placés. Le soutien de mécénat apporté par Danette sur ce programme est essentiel.

Un soutien multi dimensionnel

 

La marque a également souhaité diversifier son soutien à SOS Villages d’Enfants. D’une part, une aide alimentaire, avec la distribution de 1 000 bons de réduction sur les produits Danette pour les enfants et jeunes des villages SOS.

 

D’autre part, un appui média pour mettre en lumière les actions de SOS Villages d’Enfants sur les réseaux sociaux. Des initiatives innovantes qui démontrent qu’il existe de multiples façons d’être solidaire !

 

 

Vaillant organise sa course solidaire en faveur des villages SOS

 

Partenaire de SOS Villages d’Enfants depuis 2013, le groupe Vaillant – Saunier Duval mobilise ses collaborateurs en soutien à SOS Villages d’Enfants.

Un évènement sportif convivial et engagé

Au mois d’Aout, ce ne sont pas moins de 80 salariés du groupe qui se sont mobilisés pour courir en faveur de SOS Villages d’Enfants. Au total : 1027 kilomètres parcourus et des performances sportives remarquables réalisées avec quelques très longues distances (100 km de course ! )

 

Le principe : marcher ou courir selon sa motivation, l’entreprise reversant 5 € à l’association pour chaque kilomètre parcouru.  

 

Merci aux collaborateurs Vaillant pour leur belle mobilisation sous le signe de la solidarité ! 

RETOUR SUR LE soutien multiforme du groupe

 

Partenaire de longue date de l’association, le groupe Vaillant soutien directement les villages d’enfants SOS en offrant des appareils de chauffage et de production d’eau chaude pour les maisons familiales et en supervisant leurs installations. Un appui de taille qui permet aux villages SOS d’accueillir les enfants dans les meilleures conditions dans toute la France. 

 

KÄRCHER : UN ENGAGEMENT SOLIDAIRE POUR LA RENTRÉE

 

Une opération commerciale solidaire pour la rentrée

 

Le groupe international spécialiste du nettoyage, Kärcher, s’engage pour les enfants des villages SOS. Du 1er Septembre au 31 Octobre 2021, Kärcher commercialise un nettoyeur de vitres solidaire : à chaque achat de ce produit du quotidien, 1 € est reversé à l’association.

 

Une belle opération en ligne et dans les magasins distributeurs, pour soutenir soutenir les enfants séparés de leurs parents en France.    

 

L’opération commerciale solidaire viendra soutenir la construction du nouveau village d’enfants SOS de Fontcouverte, en Charente Maritime (17) qui accueillera 50 frères et soeurs du département dès son ouverture en 2022. 

 

J’ai aussi aidé le village à grandir

Accueilli au village d’enfants SOS de Busigny à l’âge de 5 ans, Yann, ancien “petit diable”, s’est trouvé un avenir au service des autres.

 

Yann a 17 ans et vit à l’Espace de Transition du village d’enfants SOS de Busigny, dans le Nord. “C’est une sorte de colocation pour adolescents où des éducateurs nous aident à devenir autonomes, explique-t-il. C’est moi qui ai demandé à venir ici, mais pour y être admis, il faut un projet solide.” Un projet, autrement dit, une vraie réflexion sur ce qu’il veut faire de sa vie. Pour Yann, c’est devenir pompier professionnel. Le jeune homme a débuté l’an dernier un CAP Agent de sécurité et ne compte pas s’arrêter à ce seul diplôme qui, une fois en poche, lui permettra d’intégrer une Seconde Bac professionnel de la même spécialité. “Ensuite, je pense m’engager au moins 5 ans dans l’armée. En attendant, je vais m’inscrire pour devenir pompier bénévole. Avec ce bagage, je pense que je ferai un bon sapeur !” En effet, et cela sera l’aboutissement d’un parcours qui, il le reconnaît lui-même, n’a pas toujours été facile.

 

DES DÉBUTS COMPLIQUÉS

 

Yann et sa petite sœur sont arrivés au village d’enfants SOS de Busigny alors qu’ils n’avaient respectivement que 5 ans et 3 ans. “Notre mère est décédée en 2008 d’un accident et mon père n’était pas capable de nous éduquer, explique-t-il. Déjà, avant la disparition de notre mère, qui souffrait d’alcoolisme, cela ne se passait pas bien à la maison.” La famille était d’ailleurs suivie par les services de l’Aide Sociale à l’Enfance à travers des mesures d’accompagnement à domicile. “Après la disparition de notre mère, nous sommes partis vivre chez un oncle et une tante. Notre père l’a très mal vécu, car, à ses yeux, notre tante avait trop tendance à vouloir remplacer notre mère. Il a demandé notre placement au bout d’un an.” Yann n’a pas de souvenir de son arrivée au village, mais il assure : “inconsciemment, je savais que c’était ce qui pouvait m’arriver de mieux”.

Le jeune reconnaît qu’il était un enfant au comportement difficile. “J’étais mal dans ma peau, j’avais l’impression de me faire disputer pour rien en permanence, raconte-t-il. Avec le recul, je regarde l’enfant que j’étais comme un gamin pas tout à fait « normal ». Mais, je le comprends ce petit, rien n’était facile pour lui. C’est vrai, mon comportement n’était pas toujours adapté et il y a des choses que je n’aurais pas dû faire. Mais quel enfant, quel adulte, ne fait pas des erreurs ?”

La séparation avec son père fut compliquée pour Yann. Pourtant, lorsqu’il le voyait les week-ends ou pendant les vacances, les séjours se passaient souvent mal. “À l’époque, celui-ci était perdu et il ne savait pas comment agir avec nous. Souvent, lors des visites, nous recevions des coups… Je comprends que nous en ayons été éloignés, malgré tout j’ai toujours eu de l’amour pour lui, je l’ai toujours excusé. Ces dernières années, si j’avais pu retourner vivre à ses côtés, je l’aurais fait.”

Question paternité, Yann a bien l’intention de devenir un jour père à son tour. “C’est ce qu’il y a de plus beau, c’est presque un rêve d’enfant pour moi. J’ai envie de montrer qu’on peut ne pas reproduire les erreurs de nos parents…”

Bien qu’il ait connu des difficultés au sein du village d’enfants SOS, Yann y a aussi vécu beaucoup de moments heureux, notamment avec l’une de ses mères SOS, Annie H., qu’il tient à citer. “J’avais alors 7 ou 8 ans et j’étais un vrai diable, un gamin pas sage du tout. Annie devait souvent me recadrer, mais elle comprenait mes colères, elle savait trouver les mots qu’il fallait.”

 

MÛRIR ET FAIRE GRANDIR

Yann qui avoue avoir longtemps souffert d’un manque de maturité se sent bien à l’Espace de Transition. “Parce que nous sommes entre ados, je me sens porté pour grandir. Dans les maisons SOS nous sommes trop protégés pour un caractère comme le mien : j’étouffais un peu. Ici, il me reste encore à travailler sur la question de l’argent, sourit-il. J’ai tendance à dépenser dès que j’ai quelques euros dans la poche!” S’il aime l’indépendance, Yann n’est pas pour autant d’un tempérament égoïste, bien au contraire. En témoigne son engagement pour l’Espace Village de Consultation des Jeunes (EVCJ), une instance qui permet aux jeunes accueillis dans les villages d’enfants SOS de porter la parole des enfants et proposer des aménagements de leur cadre de vie.

“Fin juin, nous avons inauguré une salle dédiée aux adolescents du village dont la création avait été défendue par l’EVCJ, raconte Yann. Ce jour-là j’ai pu recroiser Gilbert Cotteau, le fondateur de SOS Villages d’Enfants France que j’avais déjà rencontré lors du 60e anniversaire du village de Busigny.” Cet anniversaire fut un moment important pour Yann qui, à cette occasion, fit visiter les maisons nouvellement réhabilitées à des anciens de Busigny et à des salariés d’autres villages d’enfants SOS de France.

“Busigny fut le premier village ouvert en France, ajoute le jeune homme. Prendre la mesure de son évolution pendant toutes ces années, c’est fort ! Si je me suis inscrit à l’EVCJ, c’est aussi pour faire entrer mon nom dans l’histoire de ce village d’enfants SOS. J’y ai été placé, j’ai beaucoup reçu, mais avec l’EVCJ je lui ai aussi apporté quelque chose. À mon niveau, j’ai aidé le village d’enfants SOS Busigny à grandir. C’est beau, non ?” 

L’édito de Cristal

Je m’appelle Cristal, j’ai 12 ans. Je vis dans un village d’enfants SOS dans le Nord et j’entre au collège cette année. Il y a des matières que je n’aime pas, comme le français, mais j’ai des activités que j’aime beaucoup !

Par exemple, pour les vacances, c’est toujours direction Fort-Mahon. Il y a tellement de choses à faire que je n’ai pas le temps de bronzer, mais je prends des coups de soleil ! Ce que j’aime vraiment c’est la danse. J’en fais depuis 3 ans. La première fois que j’en ai vu, c’était à l’école. J’ai eu envie d’en faire alors ma mère SOS m’a inscrite à un cours, c’est le lundi de 19h à 20h. C’est elle qui me dépose et me ramène. On porte des ballerines noires, un short noir et un haut blanc. On apprend les pas, on répète et à la fin de l’année, on fait un gala. Au spectacle de fin d’année avant le Covid, j’avais le trac, j’étais stressée, les premiers rangs se remplissaient. Je me suis concentrée, j’ai pris mes repères sur la musique, j’ai fait mes premiers pas, et ça s’est bien passé. J’étais contente aussi parce que ma maman avait pu venir. On n’a pas eu la danse à cause des confinements, mais dès la rentrée on reprend !

 

Je fais partie de l’ENCJ, l’Espace National de Consultation des Jeunes de SOS Villages d’Enfants, j’apprends les Droits de l’Enfant et au village on a créé une salle Ado. C’est un endroit que pour nous dans la Maison Commune. On a aussi des animaux : un âne, des poules et des biquettes ! J’aime bien m’en occuper, et ils ont aussi des droits.

 

Mon animal préféré, c’est le chat, mais comme on n’en a pas, j’en mets un en photo !

Un programme plein de PEPS !

Grâce au soutien des donateurs de SOS Villages d’Enfants, de nombreux jeunes bénéficient du Programme d’épanouissement par le sport dit “PEPS”.

Le sport constitue un réel levier éducatif pour aider les enfants à se reconstruire. C’est ainsi que les jeunes de 12 à 16 ans apprennent le sens des valeurs comme la discipline, le respect, l’effort, la confiance. Bien plus que des activités récréatives, le PEPS leur permet de se confronter à eux-mêmes, à leurs limites, de retrouver confiance en eux et dans les adultes.

 

Un programme sportif pour se reconstruire

Le PEPS propose aux jeunes un programme sportif qu’ils choisissent parmi 4 univers : équitation, randonnée, multi-eau et expression corporelle. Durant 3 stages d’une semaine chacun, ils apprivoisent leurs peurs, dépassent leurs limites et apprennent à gérer la réussite comme l’échec.

C’est un véritable parcours avec des indicateurs et un suivi personnalisé. “Le but est de mesurer les progressions du jeune entre le premier et le dernier séjour”, indique Sébastien Van Egroo, responsable du PEPS. Le développement de l’enfant et la découverte de ses capacités sont au cœur de l’accompagnement. Le jeune participe à la mise en place des activités, au suivi et à l’évaluation de sa progression.

Pour ceux qui ont le plus de difficultés, l’éducateur va adapter les activités à leurs besoins, forces et fragilités. La relation de proximité facilite la confiance car l’enfant dispose de toute l’attention et de la présence d’un éducateur. À 12 ans, Léo est un bon élève mais son comportement lui crée des problèmes. Il est assez solitaire, renfermé, parfois agressif. Il a bénéficié d’un accompagnement personnalisé, avec une éducatrice, et a choisi un sport d’eau. “Ça m’a beaucoup plu. Ça me fait du bien, surtout la plongée, ça me donne plus confiance.” Léo s’est libéré du regard des autres et s’est apaisé. À l’école et en dehors, il a montré une ouverture, il a commencé à parler pour se confier et à sourire plus.

 

Une entraide nécessaire et  salutaire 

 

Le PEPS permet aussi de considérer son rapport aux autres, sa place dans le groupe, à mieux accepter et respecter les règles de vie commune. Lors de chaque stage collectif, les liens entre les enfants se renforcent et font émerger une vraie cohésion qui les rend plus forts. Chaque enfant progresse, comme Cheyenne qui s’est découverte : “Quand je suis arrivée au PEPS, je me prenais la tête avec tout le monde, surtout avec les jeunes pour des histoires sans importance. Au fil des stages, je me suis rendu compte que ça n’avait pas de sens et j’ai réussi à améliorer mes relations avec tout le monde – à la fois au PEPS et dans la vie. Et en améliorant mes relations avec les autres, je me suis aperçue que, contrairement à ce que j’avais tendance à penser, j’étais peut-être quelqu’un de bien. Ça a été comme un déclic. Et ça a tout changé dans ma vie de tous les jours”.

 

Et chaque enfant aide les autres à progresser. Colina confie : “Avant j’étais plutôt égoïste. Dans le groupe Equitation, comme j’ai plutôt un bon niveau, j’ai été amenée à aider des gens qui étaient moins forts que moi. Lors du premier stage, je suis partie au galop et le reste du groupe est resté à l’arrière. Le moniteur m’a dit que je n’étais pas seule dans le groupe, qu’il fallait que je pense aux autres et je me suis rendu compte qu’il avait raison. Après, on a fait une activité d’accrobranche, et ça a été complètement le contraire : les autres m’ont aidée parce que j’avais le vertige et du coup, grâce à eux, je suis montée à 13 mètres.”.

Dans les villages d’enfants SOS de Madagascar, la solidarité dessine aussi l’avenir du pays

 

Madagascar est l’une des plus grandes îles du monde mais aussi l’un des pays les plus pauvres que compte la planète. Les enfants sont souvent les premières victimes de cette précarité et des nombreuses catastrophes naturelles que connaît l’ancien territoire d’outre-mer. Dans ce contexte, l’engagement de SOS Villages d’Enfants Madagascar, très soutenu par l’association française, est fondamental.

 

 

Manoa a 28 ans. Mariée, sans enfant, elle habite en banlieue d’Antananarivo, la capitale de Madagascar. La jeune femme travaille comme assistante sociale pour l’association d’entraide familiale Koloaina. “Celle-ci accompagne les familles en situation de vulnérabilité dans leurs démarches avec l’administration publique, comme obtenir une copie d’acte de naissance ou trouver des documents certifiant leur identité ce qui est souvent compliqué chez nous”, explique-t-elle.

La solidarité est une valeur partagée par de nombreux Malgaches, mais Manoa explique aussi que sa propre histoire n’est pas étrangère à son envie d’exercer une profession au service des autres. La jeune femme est une “ancienne” du village d’enfants SOS de Vontovorona à Antananarivo. En 2002, sa mère a succombé à une infection parasitaire, un décès qui faisait suite à celui de son père, un an plus tôt. Celui-ci souffrait d’alcoolisme et se retrouvait souvent à “boire” ses maigres revenus plutôt que d’apporter de quoi nourrir sa famille. Manoa et ses deux petits frères sont alors placés dans des familles d’accueil différentes. La jeune fille part vivre chez un oncle et une tante qui tiennent une épicerie-bar. On imagine qu’elle aurait pu tomber plus mal mais elle va, au contraire, y subir la grande sévérité du couple et de nombreuses maltraitances qu’elle n’évoque que pudiquement. Manoa habitera pourtant là jusqu’à ses 18 ans, âge de son arrivée au village d’enfants SOS de Vontovorona où elle retrouve ses petits frères qui, eux aussi, viennent d’y être accueillis.

 

 

“Lorsque j’ai découvert les enfants du village, j’ai été stupéfaite de voir à quel point ils recevaient tous les soins, toutes les attentions, toute l’affection, dont ils avaient besoin. Léonie, ma maman SOS, aujourd’hui retraitée, était si gentille ! Elle nous accordait de la liberté et nous poussait à faire des études.”

Manoa a du retard scolaire lorsqu’elle est accueillie au village d’enfants SOS, mais à 19 ans, elle décroche son Brevet des Collèges et quitte le village peu après. L’accompagnement par l’association se poursuit, et Manoa est aujourd’hui diplômée d’un Master 1 en Travail Social.

 

PLACÉS, PAS DERACINÉS

 

“À SOS Villages d’Enfants Madagascar, lorsque les jeunes entrent au lycée ils rejoignent l’un de nos 5 foyers SOS, de grandes maisons où ils vivent en colocation à une dizaine d’adolescents”, explique Andry Razafimahatratra chef du Service d’Insertion Sociale et d’Orientation Professionnelle (SISOP). Accompagnés par une maîtresse de maison présente 24 h/24 et des éducateurs, ces jeunes y apprennent les bases d’une autonomie qui leur permettra, une fois le bac en poche, d’intégrer un studio, loué par l’association. En vivant seul ou en colocation dans un studio, les jeunes s’adaptent à la réalité de la vie d’adulte. Ils sont accompagnés dans leurs recherches et lorsqu’ils trouvent un emploi, le soutien s’arrête, mais les liens restent souvent forts.

Jean-Luc Rakotomalala, éducateur depuis deux ans à Toamasina, dans l’est du pays, près du village d’enfants SOS de Mangarano, connaît bien les besoins de ces adolescents. “Nous sommes là pour les accompagner dans leurs choix de vie et les soutenir dans leurs études, explique-t-il. Ils ont souvent plus de difficultés que les jeunes du même âge et beaucoup souffrent d’un manque de confiance en eux. On creuse ce qu’il y a de meilleur dans leur personnalité en nous appuyant sur leurs passions et talents artistiques, culinaires, sportifs… C’est souvent efficace, mais il n’y a pas de recette toute faite : chaque situation est unique. Nous travaillons aussi beaucoup sur leur histoire familiale, leur généalogie. Même s’ils sont placés, nous cherchons à ne pas les déraciner.” C’est là un gage de leur bonne intégration future dans la société après leur passage dans les structures protectrices de SOS Villages d’Enfants. D’ailleurs, les enfants et les jeunes qui le peuvent passent généralement leurs vacances scolaires et week-ends chez des membres de leurs familles.

“Le SISOP a une forte dimension d’insertion socio-économique mais les éducateurs réalisent également un gros travail sur la recherche des origines. En fait, SOS Villages d’Enfants Madagascar possède sur cette question essentielle qu’est la construction d’identité, une grande avance par rapport à bien d’autres pays.” Essentiel, car, à la différence de ce que l’on connaît en France, les enfants accueillis dans les villages SOS sont majoritairement des orphelins et des enfants sans appuis familiaux. La démarche du SISOP contribue aussi à l’implication des enfants et des jeunes au sein de leur communauté lorsqu’ils grandissent.“C’est à l’époque où j’ai rejoint le village que je me suis engagée chez les scouts, raconte Manoa. J’y ai appris à prendre des responsabilités et à honorer mes engagements. Je suis rapidement devenue cheftaine et aujourd’hui je suis leur encadrante. Être scout, c’est être au service des autres, mais c’est aussi une manière pour moi d’acquérir de nouvelles compétences sociales qui m’aideront dans ma profession.”

 

DES LIENS TRÈS FORTS AVEC LA FRANCE

Cet engagement n’étonne pas Alice Tawil-Aljariri. La responsable de programmes internationaux à SOS Villages d’Enfants France sait à quel point les jeunes malgaches qui sortent des villages d’enfants SOS sont encouragés à nourrir les liens avec leurs communautés et à s’engager pour celle-ci. “Dans le contexte local si dégradé (voir encadré), les villages d’enfants SOS sont des endroits préservés de bien des soucis qui agitent la société malgache. Mais, attention, même s’ils ont grandi dans un milieu agréable et protégé, les anciens enfants accueillis ne sont redevables de rien, car ce n’est jamais une chance d’avoir été placé. Ce qui est vrai, c’est que les grands principes de vie qui leur ont été inculqués, l’éducation qu’ils ont reçue et les valeurs qu’ils portent peuvent avoir valeur d’exemple auprès de leurs proches, voisins, membres de leur village…”

Les liens entre SOS Villages d’Enfants Madagascar et SOS Villages d’Enfants France sont étroits. C’est en effet l’association française qui a contribué à la création de la structure malgache en 1989. Elle est membre de son Conseil d’administration et finance 90 % du budget des 4 villages d’enfants SOS situés à Antananarivo, Toamasina, Antsirabe et Fort Dauphin.

Chaque site abrite entre 12 et 14 maisons qui accueillent chacune jusqu’à 8 enfants. “Tout comme en France, l’accueil est assuré par une mère SOS, assistée d’une aide familiale, ici appelée tante, qui intervient dans plusieurs maisons”, précise Alice Tawil-Aljariri. Chaque village dispose d’éducateurs et d’une assistante sociale. Ces derniers soutiennent les mères et tantes SOS au quotidien, et accompagnent les enfants dans leur développement ainsi que dans leurs démarches administratives. Les besoins sont importants car à Madagascar, l’accès aux droits, aux soins et à l’éducation est difficile.“Le pays connaît un gros déficit d’écoles, de centres de santé, de dispensaires, de PMI, de cantines… ajoute la responsable de programmes internationaux à SOS Villages d’Enfants France. Autant d’infrastructures qui ont donc été créées au sein de nos villages d’enfants SOS, et qui sont ouvertes aux habitants des alentours.”

Andry Razafimahatratra reconnaît que la prise en compte des droits des enfants a beaucoup de progrès à faire dans son pays. “Malheureusement, les droits des mineurs ne sont pas très présents dans la culture malgache. C’est un discours qui n’est pas du tout entendu dans les villages et communautés reculés de la brousse, mais même dans les villes il reste beaucoup à faire.” S’il avait une baguette magique, le premier droit des enfants que le chef du SISOP mettrait en place serait celui d’aller à l’école, suivi de celui d’avoir un acte de naissance et des papiers officiels, “car sans existence légale, la vie des plus précaires est encore plus difficile”.

 

CHANGER LE MONDE

Pour aider les jeunes à trouver leur place dans la société, SOS Villages d’Enfants Madagascar cherche aussi à développer des partenariats avec les entreprises locales. “Nous voulons les encourager à prendre ces jeunes adultes en stage d’observation, à leur offrir un premier emploi, ou même quelques heures de travail pendant leurs études, explique Jean-Luc Rakotomalala. Pour l’instant, c’est surtout avec le transporteur DHL que nous avons pu mettre en place ce type de partenariat.” Une société qu’aimerait justement rejoindre Mihaja, 20 ans, lorsqu’elle aura obtenu son diplôme en communication. Très bonne élève, la jeune femme parle trois langues et se passionne pour les cultures asiatiques. Un vrai plus lorsqu’on envisage une carrière ouverte sur le monde.

Mihaja a été accueillie au village SOS d’Ivohitra à Antsirabe avec ses 5 frères et sœurs après le décès de leur maman. Elle n’avait que 3 ans. “Notre père n’avait pas les moyens de nous élever, explique-t-elle. Ma vraie vie de famille, c’est celle que j’ai eue avec Marie-Suzanne, ma maman SOS. Dès les premiers jours, ce fut comme si elle était déjà notre mère depuis toujours. D’ailleurs, la vie au village d’enfants SOS m’est aussitôt apparue harmonieuse. Nous formions une grande famille avec les enfants des autres maisons.”

Mihaja explique avoir toujours été fière d’être une “enfant SOS ” et n’a jamais rechigné à expliquer l’action de l’association à celles et ceux qui lui demandaient où elle vivait. Comme Manoa, elle aussi a choisi de donner de son temps aux autres. “Depuis deux ans, je suis membre du Leo Club Ivolanitra (NDLR : la version junior du Lions Club) avec lequel nous organisons, par exemple, des séances de lecture pour les petits ou des distributions et donations de vivres pour les plus grands… L’aide communautaire et la solidarité sont très ancrées dans l’esprit malgache et beaucoup de jeunes font du bénévolat. Je trouve normal de rendre un peu du soutien que j’ai reçu, mais c’est aussi une manière pour moi de mettre en pratique ce que j’apprends en classe. J’ai besoin d’aller sur le terrain, car demain je veux faire partie de ces personnes qui changeront le monde.”

Une ambition qui rend fières les équipes de SOS Villages d’Enfants Madagascar.

 

 

LA SITUATION PRÉOCCUPANTE DES ENFANTS SELON LES NATIONS-UNIES

 

Madagascar est, selon les études de la Banque Mondiale, l’un des 10 pays les plus pauvres du monde. Les catastrophes naturelles nombreuses qui se répètent expliquent en partie cette situation. Les enfants sont souvent les premières victimes des sécheresses et pandémies. “L’urgence est partout”, soulignait déjà en février 2020 Jean-Benoît Manhes, représentant adjoint de l’Unicef à Madagascar dans ONU Info. “Madagascar est une succession d’inondations, de sécheresses, de cyclones, d’épidémies…” Le représentant ajoute toutefois que “ces urgences ne sont que la face visible des problèmes de développement qui, de facto, font que même les enfants dans des situations relativement stables ont des indicateurs dramatiques en termes d’accès à l’eau, à l’éducation, à la santé, à la nutrition et à la protection”. Selon l’Unicef, 42% des enfants de moins de 5 ans souffrent d’un retard de croissance ou de malnutrition chronique, l’un des taux de malnutrition chronique les plus élevés au monde.

Jean-Benoît Manhes dénonce aussi le travail des mineurs, très répandu : plus d’un tiers des enfants sont considérés comme travaillant dans des conditions dangereuses. Dans ce pays de plus de 26 millions d’habitants, “la moitié sont des enfants et plus des trois quarts vivent dans l’extrême pauvreté.”

Le Programme Alimentaire Mondial (PAM) confirme l’aggravation de la situation. En juin dernier, après une visite dans le pays, Lola Castro, directrice régionale du PAM pour l’Afrique, déclarait à la presse : “La situation est très dramatique. (…) Nous avons des gens au bord de la famine et il n’y a pas de conflit. Il y a juste le changement climatique avec ses pires effets qui les affecte gravement”.

 

DES PROGRAMMES SPÉCIFIQUES

Développé dès avril 2018 et opérationnel depuis décembre 2019, le projet QUAPEM (pour Qualité de l’Accueil en Protection de l’Enfance à Madagascar) a pour objectif d’améliorer les conditions d’accueil dans une trentaine de structures d’accueil à vocation sociale, orphelinats agréés pour l’adoption et centres d’accueil d’enfants placés en protection de l’enfance. Cela passe par des dotations en équipements, de la formation, du suivi et de l’accompagnement vers de meilleures pratiques professionnelles, la mise en place d’activités génératrices de revenus, un plaidoyer en faveur des enfants et des centres d’accueil.

Les 4 villages d’enfants SOS y sont associés et jouent souvent un rôle d’ambassadeurs en partageant leurs approches avec les autres centres d’accueil qui n’ont pas la chance de bénéficier du soutien d’une association partenaire au niveau international.

Le projet QUAPEM est mené en partenariat étroit avec le ministère malgache de la Population, de la Protection sociale et de la Promotion de la Femme (qui l’a co-construit) ainsi qu’avec l’Institut Supérieur du Travail Social qui assure, lui, le volet formation. Ce projet est soutenu financièrement par l’Agence Française de Développement et le Gouvernement Princier de Monaco.

Enfin, SOS Villages d’Enfants France va prochainement mettre en place un programme davantage orienté sur la sécurité alimentaire et la résilience des familles, dans le sud du pays, région particulièrement pauvre. Car permettre aux parents de nourrir leurs enfants est un préalable à toutes mesures de soutien aux droits de ces derniers.

 

Quadient : Un partenariat longue durée

Groupe international spécialiste des solutions de communication des professionnels, Quadient soutien SOS Villages d’Enfants France depuis 14 ans !

 

Depuis plus de 10 ans, Quadient soutien la rénovation et la construction des villages d’enfants SOS. En 2020, ce soutien s’est accentué avec un engagement en faveur de projets internationaux.

UNE VISITE EN VILLAGE SOS A LA RENCONTRE DES EQUIPES 

Pour célébrer ce partenariat de longue durée, les équipes de direction se sont rendues au village d’enfants de Plaisir au mois Juin.

 

Au programme : visite de la Maison Commune récemment rénovée, de la Maison des Familles, et d’une Maison Familale. Rencontre et discussion sur le projet associatif, le quotidien, les difficultés rencontrées et tout ce qui constitue vie d’un village d’enfants. Ils y ont été accueillis chaleureusement par Aurélie, directrice du village SOS et Blandine, mère SOS qui prend soin de 5 enfants avec simplicité et bonne humeur.

 

Remise de chèque au village d’enfants de Plaisir, dans les Yvelines.

CEWE : UNE OPERATION SOLIDAIRE SUR LA VENTE DE TIRAGES PHOTOS

 

 

 

Cewe France a renouvelé son engagement auprès de SOS Villages d’Enfants avec une opération commerciale solidaire. Pendant tout le mois de juin 2021, chaque tirage photo acheté résultait en un petit don à SOS Villages d’Enfants.

 

En 2017 et 2019, Cewe France avait déjà mis en place des opérations similaires, participant au financement de l’extension du village SOS de Sainte-Luce, en Loire Atlantique, et à la construction du village SOS de Beauvais-sur-Matha, en Charente Maritime.

 

Leader du tirage photo en Europe, Cewe est aussi partenaire de SOS Villages d’Enfants à l’international depuis plusieurs années. Le groupe international soutient également la mise en place de projets artistiques et culturels pour les enfants des villages d’enfants SOS en France.

 

 

 

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