La fratrie

Les relations fraternelles contemporaines sont en principe les relations familiales les plus longues.

SOS Villages d’Enfants accompagne des frères et sœurs dont la situation familiale nécessite le placement. Elle permet aux fratries de grandir ensemble, dans un cadre de vie de type familial.

 

La Convention internationale des droits de l’enfant établit clairement que la famille est « [l’]unité fondamentale de la société et [le] milieu naturel pour la croissance et le bien-être de tous ses membres et en particulier des enfants ».

 

Séparé de ses parents et des réseaux de soutien de sa famille biologique, l’enfant est plus vulnérable ; il ne se sent pas en sécurité, se dévalorise, souffre de carences affectives et est perturbé dans son sentiment d’appartenance. Protéger les liens avec ses frères et sœurs et d’autres membres de sa famille élargie permet d’atténuer le traumatisme et aide l’enfant privé de sa famille à se reconstruire.

 

En Europe, la désinstitutionnalisation fait partie des objectifs des politiques mises en œuvre en s’appuyant sur la recherche et les expériences qui ont montré les effets négatifs du placement sur le développement et le bien-être des enfants dans des institutions de grande taille. Les politiques visant à proposer des modes de prise en charge conformes aux droits de l’enfant doivent prévoir des possibilités d’accueil commun pour les fratries. Il est nécessaire de tenir compte des relations fraternelles, pour permettre aux frères et sœurs de se soutenir mutuellement.

 

En France, la loi relative au maintien des liens entre frères et sœurs a été adoptée le 30 décembre 1996. Elle prévoit que « l’enfant ne doit pas être séparé de ses frères et sœurs, sauf si cela n’est pas possible ou si son intérêt commande une autre solution ». Cette disposition a été reprise dans la loi réformant la protection de l’enfance de mars 2007 qui précise que « le lieu d’accueil de l’enfant doit être recherché dans l’intérêt de [l’enfant] et afin de faciliter […] le maintien de ses liens avec ses frères et sœurs en application de l’article 371-5 du Code civil ». Près de 20 ans plus tard, rares sont les lieux d’accueil qui peuvent héberger des fratries en leur permettant de vivre ensemble et il n’existe toujours pas de données sur la situation des fratries placées.

 

Convaincue que le lien fraternel est une ressource pour le développement de l’enfant, SOS Villages d’Enfants met tout en œuvre pour permettre aux enfants accueillis de vivre avec leurs frères et sœurs. L’association propose une prise en charge adaptée à des fratries pour lesquelles les services de l’aide sociale à l’enfance anticipent un placement dans la durée; les relations fraternelles constituent une ressource pour chaque enfant. A ces conditions, la fratrie est un lieu de transmission offrant à chacun la possibilité de s’inscrire dans une histoire, de fonder une appartenance familiale mais aussi de faire l’expérience de l’altérité, des rapports de genre, de place et de statuts dans le groupe. L’accueil des frères et sœurs en village d’enfants SOS permet ainsi que le placement ne soit pas un temps suspendu dans la vie de l’enfant.