Vers un meilleur accompagnement des jeunes majeurs ? - SOS Villages d'Enfants

Vers un meilleur accompagnement des jeunes majeurs ?

Retour sur les points saillants de l’audition de SOS Villages d’Enfants à l’Assemblée Nationale

SOS Villages d’Enfants a été auditionnée le 5 juillet dernier par Brigitte Bourguignon, présidente de la Commission des Affaires Sociales de l’Assemblée Nationale au sujet de sa proposition de loi visant à renforcer l’accompagnement des jeunes majeurs en situation de vulnérabilité. SOS Villages d’Enfants a pu apporter son expertise d’opérateur de terrain et présenter ses dispositifs d’expérimentations, dont notamment les espaces de transition et la maison Claire Morandat.

 

Cette proposition de loi fait notamment suite à la remise du rapport du CESE rédigé par Antoine Dulin sur la prévention des ruptures dans les parcours en protection de l’enfance et sur lequel, SOS Villages d’Enfants avait réagi.

 

Aujourd’hui, en France, plus de 300 000 enfants et jeunes bénéficient d’une mesure de l’aide sociale à l’enfance. A 18 ans, ils devraient pouvoir bénéficier d’un contrat jeune majeur et ce jusqu’à leurs 21 ans. Toutefois, ces contrats deviennent de plus en plus difficiles à obtenir auprès des conseils départementaux et leur durée est de plus en plus courte, de 3 à 6 mois. C’est donc une véritable épée de Damoclès qui repose sur ces jeunes et une incohérence de demander à ceux qui disposent du moins de ressources de faire plus vite et mieux que les autres. 

SOS Villages d’Enfants a réagi sur la proposition de loi et a notamment recommandé durant cette audition devant la Commission des Affaires sociales de  :

Accompagner le jeune tout au long de son parcours et jusqu’à sa pleine insertion dans la société

Mettre l’accent sur la dimension affective, sociale et humaine 

– Reconnaître aux jeunes un « droit d’expérimenter » et un « droit à l’erreur 

– Permettre à tout jeune en difficulté de pouvoir accéder à un contrat jeune majeur

– Envisager et mieux informer les jeunes quant aux recours possibles s’ils s’estiment lésés par une décision

– Assurer un réel pilotage national et territorial de la politique de protection de l’enfance 

 

SOS Villages d’Enfants soutient pleinement cette proposition de loi et espère que celle-ci viendra nourrir la stratégie de lutte contre la pauvreté des enfants et des jeunes, annoncée en septembre et la stratégie gouvernementale de protection de l’enfance 2018-2022, attendue à l’automne. Il y a urgence car on assiste à un véritable gâchis économique et social : aujourd’hui un quart des sans domiciles fixes est une personne ayant été prise en charge par l’Aide Social à l’Enfance alors que le coût moyen de 10 ans de placement s’élèverait à 1 million d’Euros. Interrompre ces financements à 18 ans est donc une aberration car s’ils étaient prolongés, ils se concrétiseraient par une meilleure insertion professionnelle et sociale et donc un gain non seulement pour le jeune mais aussi pour la société plus globalement.

 

Ces jeunes ne peuvent plus attendre, il y a urgence ! SOS Villages d’Enfants s’engage à se mobiliser en ce sens et à convaincre le législateur de se saisir de ce problème dès maintenant.