Sierra Leone : Les actions de SOS Villages d’Enfants après les inondations

kamayama12La pluie semble ne jamais s’arrêter à Freetown et Regent, au Sierra Leone, où des coulées de boues sont survenues le 14 août. La boue et les pierres ont laissé une grande cicatrice marron en bas de la colline, au milieu de la forêt verdoyante qui perd du terrain chaque jour à cause de l’urbanisation grandissante de la capitale. Après la catastrophe, les habitants ont quitté la zone. Il ne reste maintenant que des maisons détruites et des douzaines de victimes ensevelies.

“Après l’effondrement de la montagne, les rocs sont partis dans tous les sens avec une force inouïe. Même les arbres ont été arrachés, » raconte une habitante à l’équipe de SOS Villages d’Enfants en charge de mesurer l’ampleur du désastre. Quelques centaines de mètres plus loin, des douzaines de personnes attendent sous la pluie pour être enregistrées à l’office de sécurité national et ainsi obtenir des produits de première nécessité : un matelas, de l’eau, de la nourriture. Plus loin encore, les enfants attendent sous un abri.

« Le gouvernement n’autorise pas toutes les organisations à venir ici car nous avons une politique stricte en terme de trafic d’êtres humains et il y a un risque que certaines organisations utilisent cette situation comme prétexte pour déplacer les enfants non-accompagnés. C’est pourquoi ce sont les associations comme SOS Villages d’Enfant, qui sont présentes dans le pays depuis de nombreuses années, qui supervisent les questions liées à la prise en charge des enfants, » explique Konday Marah, responsable du plaidoyer pour la protection de l’enfance pour SOS Villages d’Enfants Sierra Leone.

Dès que la catastrophe s’est produite, SOS Villages d’Enfants a décidé d’agir.

 » Après les inondations, nous avons décidé de nous déplacer et d’aller voir les zones affectées” explique Teresa W. Ngigi, psychologue pour SOS Villages d’Enfants Sierra Leone.  » Nous avons été confronté à une région totalement dévastée, beaucoup de destructions et de traumatisme. Ce que nous avons décidé de faire dans un premier temps a été de fournir un soutien psychologique d’urgence qui a aussi permis à notre équipe de faire un état des lieux. Nous avons dû en même temps fournir un soutien psychologique à cette même équipe qui était confrontée à de nombreux traumatismes. Nous faisons cela quotidiennement. »

Les coulées de boue ont démarré à Regent, mais ont gagné du terrain et des zones comme Kamayama ont été durement touchées.

“Dimanche, la pluie a commencé à tomber pendant la nuit jusqu’à 5 heures et à ce moment il était impossible pour quiconque de sortir car le déluge avait créé une gigantesque rivière,  » raconte un habitant.  » Maintenant, notre premier besoin est de construire un pont pour rejoindre nos maisons. Ensuite, nous avons besoin de provisions d’eau potable car nous avons comme consigne d’aller en haut de la colline pour aller chercher de l’eau mais il est dangereux pour nous de traverser la rivière. « 

La plupart des adultes et des enfants qui ont perdu leur famille et leur maison ont été relogés temporairement en sécurité dans le voisinage.