Le 15e village d’enfants SOS en France ouvrira en 2018 en Charente-Maritime

vue-du-fond-du-terrain-v2Le village d’enfants SOS de Saintonge, c’est ainsi qu’il s’appellera. Il devrait ouvrir ses portes à l’été 2018 pour accueillir 54 enfants supplémentaires.

 

Anciens enfants placés, professionnels, experts de la petite enfance… tous ceux qui ont fait l’expérience des villages d’enfants SOS savent que la formule mérite d’être fortement développée pour être proposée à un nombre plus important encore d’enfants malmenés par la vie.

 

Aujourd’hui, les 13 villages d’enfants SOS en France métropolitaine accueillent 646 enfants (205 fratries).  Et 51 enfants sont également pris en charge au village d’enfants SOS associé de Papara en Polynésie française. C’est énorme pour ces derniers mais bien peu au regard du nombre d’enfants placés en France : 143 440 en 2014 selon l’Oned.

 

 

C’est un beau village, c’est une belle histoire…

 

Construire de nouveaux villages nécessite des moyens importants. Et ceux-ci dépendent le plus souvent de la mobilisation des donateurs de SOS Villages d’Enfants.

Et c’est d’ailleurs grâce à une donatrice que ce 15e village d’enfants SOS va voir le jour en Charente-Maritime.

 

“Mme Cellou, ancienne élue locale, raconte Gilles Meunier, ancien directeur de village d’enfants SOS, s’était émue de l’absence de structure d’accueil SOS dans son département. Elle a sollicité les décideurs politiques et sa ténacité a payé puisqu’en août 2016 le conseil départemental a lancé un appel d’offres… que nous avons remporté”.

 

 

Deux sites, un seul village SOS

 

Le village d’enfants SOS de Saintonge aura pour particularité d’être “éclaté” sur deux communes distantes de 65 kilomètres –Beauvais-sur-Matha et Gémozac – le département ayant voulu limiter ainsi l’éloignement des enfants placés de leurs parents afin de faciliter le maintien des liens avec la famille, dans l’intérêt de l’enfant.

 

Par conséquent, deux “maisons communes” abriteront l’espace dédié aux rencontres parents/enfants, les bureaux administratifs, les salles d’activités collectives et de réunions. C’est là aussi que travailleront psychologues, travailleurs sociaux, éducateurs en soutien scolaire, animateurs, équipe de direction, éducateurs spécialisés…

 

« Tous nos salariés œuvrent avec un seul objectif : l’intérêt de l’enfant, insiste Gilles Meunier. J’ai vu des enfants fascinés par les tâches des agents d’entretien qui n’hésitent pas à les associer au jardinage, au nettoyage, aux petits travaux de réfection… On s’appuie sur tout ce qui peut les aider à se construire”.

 

Pour Barbara Constantin, architecte du futur village d’enfants SOS, les défis sont multiples. D’abord chaque pièce doit faciliter le travail quotidien de la mère SOS qui s’occupe parfois de 6 enfants. “La cuisine ou la buanderie se doivent d’être particulièrement fonctionnelles, dotées de grands placards. La maison doit permettre une circulation fluide. L’éducatrice doit pouvoir vaquer à ses diverses autres tâches sans avoir à monter un étage pour jeter un œil sur l’enfant dans le bain par exemple.”

 

 

vue-du-fond-du-terrain-dos-a-leglise-v2L’importance d’avoir un toit pour l’enfant

 

L’architecte souligne aussi l’importance portée à ce que les enfants puissent s’approprier les lieux, notamment par une architecture légèrement singulière, des couleurs de volets différentes, etc.

 

“Pouvoir dire à ses copines de classe « je rentre chez moi », les inviter à dormir à la maison, choisir la décoration de sa chambre, cela paraît anecdotique mais c’est énorme”, confirme Karine Bériati, ancienne enfant accueillie en village d’enfants SOS. Mélanie, elle, se souvient avoir choisi les cadres accrochés dans sa chambre, la couleur de ses housses de ses couettes, de ses draps… comme dans une vraie vie de famille. Le village d’enfants SOS doit aussi être le plus intégré possible à la commune pour éviter que les enfants accueillis soient stigmatisés. D’ailleurs, celui de Carros existe depuis 2009 “mais de nombreux habitants ignorent encore son existence”, se félicite Stéphane Longin, chef de service au village d’enfants SOS de Carros.

 

« Nous allons aussi créer un jardin de jeux ouvert à tous afin de faciliter les relations avec les autres enfants de la commune”, poursuit l’architecte. Cette inclusion n’a rien d’une utopie. Gilles Meunier se souvient encore de ses premiers pas au village d’enfants SOS de Marange. “Des dizaines d’enfants avaient accouru pour me saluer et j’ai appris plus tard qu’une bonne partie de ceux-ci ne vivaient pas là. Quant aux nôtres, le village les avait réconciliés avec les adultes !”.

 

Lorsque Claire Chamberland, professeure émérite à l’École de service social de l’Université de Montréal, a visité le village d’enfants SOS de Persan (Vald’Oise), c’est une autre particularité qui l’a marquée : “J’ai été touchée par l’attention portée à l’esthétique, à la beauté du cadre de vie dans lequel grandissent ces enfants”, explique cette spécialiste du développement des enfants et de leur sécurité qui, en automne dernier, a participé à la formation annuelle des psychologues de SOS Villages d’Enfants. “Ces garçons et filles n’ont pas seulement une chambre à eux, ils ont une belle chambre ! La cuisine est fonctionnelle mais c’est aussi une belle cuisine…le souci de stabilité, de sécurité, la consolidation des liens affectifs sont majeurs, mais le développement émotionnel et comportemental de l’enfant qui, ailleurs, est souvent oublié a ici toute sa place”.

 

 

A l’origine du village SOS, votre générosité

 

Les fondations du village SOS, ce sont les dons. Grâce à la générosité des donateurs, le village d’enfants SOS permet à chaque enfant de vivre une vie de famille dans un cadre qu’il peut s’approprier.

 

Les dons permettent également le financement d’activités telles que les sorties culturelles, les loisirs des enfants, le soutien scolaire ou encore l’organisation des vacances.

 

“Soyons clairs, résume Hélène Romano, tout ce qui distingue l’action de SOS Village d’Enfants de l’hébergement en foyer ou en famille d’accueil n’est possible que grâce à la générosité des particuliers. Si les enfants disposent d’un lieu de vie pour se poser, se refaire confiance, se reconstruire, se réhumaniser, c’est parce qu’il y a cette générosité”.

 

Et de conclure : “Mamie a élevé 17 enfants, raconte Karine Bériati. Chaque dimanche, des anciens venaient nous voir… parfois accompagnés de leurs propres enfants ! Jusqu’à son décès en 2003, j’ai gardé des liens très forts avec elle. Si nous sommes aujourd’hui si proches et soudés entre frères et sœurs, c’est grâce à cette vie au village. Il n’y a pas de meilleure façon de se reconstruire”.

 

Pour tout connaître sur le fonctionnement d’un village d’enfants SOS.