Maddy : Maman du cœur - SOS Villages d'Enfants

Maddy : Maman du cœur

 

“Je connais très bien le village d’enfants SOS de Plaisir, dans les Yvelines et je t’assure, Maddy, mère SOS c’est vraiment le métier fait pour toi.

 

Tu t’y épanouirais pleinement !” Ces quelques phrases prononcées un jour de 1997 par l’une de ses cousines allaient changer la vie de Maddy de Palma Longueville.

 

Maddy a alors 43 ans et travaille depuis le début des années 80 comme assistante en orthodontie. Ce métier la passionne, mais depuis l’arrivée d’un nouveau patron, elle a envie de “voir autre chose”.

Née à Grenoble, Maddy est fille unique.

 

Elle a pourtant toujours été entourée d’autres enfants, à commencer par ses cousins, son père étant d’une fratrie de 7 et sa mère de 4.

 

 

Plus tard, elle va continuer à rechercher leurs contacts ainsi que ceux de ses proches, mais aussi en faisant du bénévolat auprès de jeunes handicapés et en allant faire la lecture aux enfants hospitalisés. “J’ai toujours adoré échanger avec les petits », confirme t-elle.

 

« J’aime leur ouverture d’esprit, leur envie de savoirs, y compris chez ceux qui ont beaucoup souffert.Je crois que j’aurais pu devenir institutrice !
Le fait de ne pas avoir eu d’enfant moi-même a aussi contribué à m’amener vers SOS Villages d’Enfants. »

 

« Je n’ai pas voulu m’apitoyer sur mon sort et j’ai décidé de prendre soin des enfants des autres”. Maddy postule donc à SOS Villages d’Enfants et fait deux stages d’observation qui la confortent dans son envie de devenir mère SOS.

 

D’ailleurs, ses proches — parents, amis, son compagnon d’alors — la soutiennent dans son choix. 

 

Elle a parfaitement conscience, qu’il s’agit d’un engagement lourd d’autant, qu’à l’époque, les éducatrices familiales travaillent cinq semaines d’affilée.

 

En 1997, elle intègre le village d’enfants SOS de Marseille et accueille 6 des 18 enfants dont elle aura la charge jusqu’à sa retraite en 2016. “Avoir à s’occuper de 6 enfants d’un coup quand on n’en a pas eu soi-même… ce n’est pas simple ! sourit Maddy.

 

 

« J’ai eu des moments de grandes interrogations, mais je ne me suis jamais sentie seule ou perdue. L’équipe a toujours été là pour m’aider, me soutenir, lever mes doutes…”

 

 

Au cours de sa première année d’exercice, la nouvelle mère SOS suit également une formation au siège parisien de SOS Villages d’Enfants où elle découvre des notions de psychologie, de droits des enfants, de résilience ou d’empathie appliquées aux passés compliqués des fratries accueillies dans les villages d’enfants SOS.

 

“Il y a des moments très durs à vivre, mais à chaque fois j’essayais de me mettre à la place des enfants ».

 

 

« Comment aurais je réagi, moi, si j’avais eu à subir de tels traumatismes ? Comment ne pas les comprendre, ces enfants en colère, en rébellion ? Et puis, j’avais mon jardin comme soupape.

Plus je jardinais, plus les voisins savaient que j’avais besoin de décompresser, de prendre de la distance par rapport aux émotions fortes que je vivais. Du coup, j’avais un jardin magnifique !”.

 

De ces années-là, Maddy retient surtout ce qu’elle appelle les moments magiques, ceux qui voient l’enfant faire la paix avec lui-même et les autres.

 

Elle explique ainsi que ces enfants malmenés par la vie avaient tous du mal à partager leurs sentiments et à recevoir ceux des autres, comme enfermés dans une sorte de carapace.“Ils ne s’accordaient rien à eux-mêmes et avaient du mal à se donner
aux autres », parfois même entre frères et sœurs, explique Maddy.

 

« Leurs relations étaient sclérosées par leur manque de confiance. Lorsqu’ils arrivaient à s’ouvrir sur le monde, c’était une joie immense pour moi. Ils avaient alors franchi un cap. »

 

« Je pense notamment à Iman, qui a choisi de devenir cadet des pompiers à 15 ans et de faire son stage en entreprise dans un centre de rééducation des grands blessés”.

 

L’ancienne éducatrice se souvient aussi de cette fratrie de 4 enfants âgés de 5 à 15 ans qui avaient vécu reclus dans une sorte de camp de Gitans, ce qu’eux-mêmes n’étaient pas.“Ils étaient considérés comme des parias, raconte-t-elle.

Lorsqu’ils sont arrivés au village, ils avaient peur d’absolument tout. »

 

« Ils ne mangeaient pas à table, se couchaient tout habillés, refusaient d’aller dehors…” Malgré leur terreur, Maddy a choisi de partir en vacances avec eux.

“Ils ont hurlé, c’est vrai, mais une fois posées les valises dans notre location de vacances, je les ai vus s’épanouir, oublier leurs craintes, aller vers les autres… Quel bonheur !”

 

Si elle vit aujourd’hui à Voiron, petite commune des Alpes, Maddy est restée proche de presque tous les enfants qu’elle a aidés à grandir.

 

“Beaucoup n’avaient plus leurs parents ou plus aucun contact avec ceux-ci et je reste un repère affectif, » reconnaît la jeune retraitée.

 

« Il faut dire que j’ai moi-même ‘partagé’ mes proches avec eux : mes parents, mes cousins, mes amis, mes oncles et tantes…”

 

L’une des enfants dont elle a eu la charge est aujourd’hui maman d’un petit garçon et, pour celui-ci, Maddy n’est autre que “Mamie Maddy”.

Certains devenus adultes ou adolescents l’appellent pour la Fête des Mères.

 

Cependant, l’éducatrice a toujours pris soin de ne pas se substituer aux parents et à ne jamais juger ces derniers. “J’ai aussi encouragé les enfants à prendre tout ce qu’il pouvait trouver de bon chez leurs parents. Et même si certains m’ont appelée ‘maman’, il n’y a jamais eu d’ambiguïté. »

 

« Je me souviens d’un rendez-vous avec une assistante sociale. Une fillette de 3 ans m’accompagnait et, aux questions de l’assistante sociale, la petite a répondu : Je sais bien que Maddy n’est pas ma maman de ventre, mais c’est ma maman du cœur. ‘Maman du cœur’, on ne pouvait mieux dire, non ?”

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